Dur Dur Band Vol 1 & 2, la claque somali et funky d’Analog Africa

Se faire cueillir par des fabuleuses rééditions de musiques africaines des années 70 et 80, par des grooves d’antan, des airs de synthé crépitant, des mélodies funky, des rythmes traditionnels éclairés sous un angle nouveau… voilà qui doit faire parti de votre quotidien si vous êtes amateurs de musique, et d’autant plus si vous suivez les actualités du très bon label Analog Africa, mené avec poigne par le tuniso-allemand Samy Ben Redjeb.

Et la dernière perle sortie des laboratoires sonores du Tunisien, dont l’iridescence prend des reflets blancs, et laisse transparaitre le reflet de l’océan indien, c’est un double CD, (et même, triple si vous optez pour l’option vinyl) du groupe somalien Dur Dur Band… Si souvenez-vous, on vous en parlez il y a pas si longtemps, l’un de leurs titres servait de base à l’une des dernières chansons du rappeur congolais Baloji. Ici, le groupe Somalien phare des années 80, reprend pied dans une excellente réédition de leurs deux premiers albums, sobrement intitulé Dur Dur Band Vol. 1 et Dur Dur Band Vol. 2.

À leur grande époque, le groupe, dont le nom peut être traduit du Somali par « printemps », avait fait souffler un vent de fraicheur et de modernisme sur Mogadiscio, en mêlant inspirations de la musique traditionnelle somalienne aux rythmes plus contemporains venus d’occident. Ainsi dans leurs chansons, le Dhaanto (rythme du nord du pays, célèbre pour ses similarités avec le reggae) croise la route du funk, tandis que les invocations des saar (genre de djinns) se faisaient au rythme effréné d’un disco infatigable. Il faut dire que leur succès ne laisse pas grande place au hasard, emmené par le talentueux claviériste Isse Dahir, le Dur Dur Band a su s’imposer avec un line-up bien particulier ; avec une ligne rythmique à toute épreuve, et un trio de chanteurs, qui chacun amène sa spécialité. Shimaali, qui est spécialisé dans le dhaanto, la jeune Sahra Dawo, débauché pour l’occasion du célèbre orchestre national, The Waaberi Band, et Abdulahi Sharif Hasan qui s’illustre aussi bien par son corps de spaghetti qui lui vaut le surnom de Baastow (déformation de pasta), et par sa grande connaissance des rythmes traditionnels somalis, et sa capacité à invoquer les esprits du saar. Mais outre des musiciens talentueux, l’autre particularité qui a assuré le succès du Dur Dur Band c’est que le groupe a très vite recruté un ingénieur du son à plein temps, une première en Somalie, ce qui leur permet aujourd’hui encore d’avoir une qualité sonore vraiment top ! Bon d’accord il y a parfois quelques petits grésillements… mais, ça reste moins que sur une cassette de Cheb Khaled de 98, alors, c’est pas si mal !

 

Dur Dur of Somalia – Dur Dur Band Volume 1, Volume 2 & Previously Unreleased Tracks :

 

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