Dark Matter, la force noire de la musique de Moses Boyd

Fin connaisseur des musiques noires, ou dites telles, et surtout jeune prodige d’une batterie qui n’a pas froid aux yeux, le Britannique Moses Boyd étend sa matière noire, celle qui compte et qu’on n’abattra pas dans une arrière-cour américaine, celle qui envahit nos platines et nos oreilles avec l’intense Dark Matter, son premier album solo, et son long cortège d’invités, au rang desquels on compte la chanteuse sud-africaine Nonku Phiri, l’ensorcelante Poppy Ajudha, l’insaisissable chanteur nigérian Obongjayar, ou encore le cosmique clavier de Joe Armon-Jones.

Le long d’un fil de jazz qui parcourt l’histoire et le monde, Moses Boyd raconte une histoire, celle des musiques noires, et il le fait bien ! et sa batterie, précise et incisive, ouvre des instantanés historiques !

On plonge aux balbutiements de la soul et, un clignement d’yeux et quelques titres plus tard, ce sont les fantômes de Wes Montgomery et Miles Davis qui se livrent un bleu combat. Un passage au Shrine de Lagos et le son se gonfle d’Afrique pour mieux souffler dans les champs de coton où est né le blues. Le tuba tape. La batterie de Moses guide la cadence. On est propulsé à Detroit, la techno naît devant nous, la dance, le disco, les grooves tournoient, la rigoureuse froideur de l’électronique s’affronte à des saxs qui n’ont pas l’intention de céder la chaleur de leurs cuivres à si bon compte… et… et… un étrange carnaval se met en branle, on est dans les rues de la Nouvelle-Orléans, ou dans une cérémonie vaudoue à Haïti… dur de dire. La matière noire envahit tout, le jazz de Boyd fait se connecter le soca trinidadien et la nu-soul londonienne, les mélodies légères du RnB planent sur l’Éthiopie, et le kwaito sud-africain se fait sa place dans les flammes de la guitare d’Hendrix… le jazz bouillonne dans les mêmes caves londoniennes que la drum n bass, Nas n’est pas loin, le hip-hop régresse vers la funk, Brixton s’enflamme a nouveau…

Moses Boyd a réussi son coup, un coup de maître, Dark Matter est inclassable, Dark Matter est intense, Dark Matter est partout, Dark Matter compte.

Moses Boyd – Dark Matter :

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