Ambiance d’Hammamet : Ajoyo et Amine & Hamza, toutes les couleurs du jazz

Ce lundi 17, le Centre Culturel de Hammamet nous offrait, dans le cadre du Festival International de Hammamet, une soirée à la fois double et singulière, qui s’est déclinée en deux manches, et dans toutes les couleurs du jazz.

La première partie de la soirée était confiée à Amine et Hamza, deux frères musiciens et Tunisiens, le premier est un oudiste de talent, tandis que le second maîtrise d’une main experte le qanun (deux instruments clé de la musique classique tunisienne). Ils présentaient un projet qui a pour but afficher de dépasser les frontières tant sonores que géographiques, et pour cause… le groupe s’appelle The Band Beyond Borders !

Le concert débute à 22h15, sous un ciel quadrillé de rais de lumières blanches, derrière lesquelles quelques étoiles peinent à se faire voir. Peu de temps après que la speakerine est annoncée le programme, sept musiciens font, en ligne et solennellement, leur entrée sur scène, sous les applaudissements d’un public, un petit peu plus clairsemée qu’à l’accoutumée, lundi soir oblige.

Un percussionniste vient s’assoir en tailleur derrière ses tablas, et si la couleur cuivrée de sa peau laisse à penser qu’il vient tout droit du Gujarat ou du Pendjab, il est en réalité français. Les autres musiciens qui viennent accompagner Amine et Hamza, et repousser les frontières du Festival International de Hammamet, sont un violoniste suisso-indien, un clarinettiste/saxophoniste français, aujourd’hui installé en Turquie, un batteur français lui aussi, et un bassiste suisse-allemand, à la réputation de ne jamais être en retard ; enfin, selon les dires de Hamza.

Le concert s’est bien déroulé, les musiciens ont rivalisé de technicité lors de solo très véloce, peut-être même parfois un peu trop ! Car si le jazz oriental proposé par Amine et Hamza, et leurs Band Beyond Borders est, soyons clairs, d’une grande qualité, ce soir nous avons par moment eu l’impression que les musiciens ont semblé parfois trop dominés par leur volonté de démonstration technique. De plus, les moments où les sept musiciens jouaient à l’unisson, pouvait de temps à autre donner un côté un peu bordélique au show, surtout avec un batteur qui tapait sur ses fûts comme s’il assurait la section rythmique d’un groupe de métal ! Mais bon là nous sommes un peu médisants ! Les quelques instants en demi-teintes, comme énoncé plus haut, se sont rapidement retrouvés soufflés par de magnifiques échanges, tout en sobriété et en raffinement entre tabla et luth, ou violon, oud et saxophone.

La seconde partie de la soirée à elle débutée un peu après minuit, après un entracte de 20 minutes. À minuit passé, la fraîcheur déjà présente en début de soirée n’a fait que s’accentuer. L’heure tardive et cette sensation de froid, couplées à l’humidité maritime tombant sur les gradins, et recouvrant de la sorte les coussins d’un léger voile aqueux, ont eu raison de bon nombre de spectateurs. C’est donc dans ces conditions difficiles, et face à un amphithéâtre à moitié déserté, que AJOYO, le groupe emmené par le saxophoniste franco-tunisien Yacine Boulares, a dû effectuer son office.

Les courageux qui ont bravé la fatigue et le froid ont été récompensés ! Naviguant dans toutes les teintes d’un jazz résolument tourné vers l’Afrique, AJOYO a délivré une performance explosive !

Allant de l’afrobeat au jazz le plus pur, de morceaux complètement funk à d’autres inspirés par les rythmes de Côte d’Ivoire, pendant près d’une heure et demie le groupe a fait danser et chanter le public encore présent ! Guidé par le saxophone de Yacine, et par la batterie à la subtilité imperturbable de Guilhem Flouzat, le groupe a enchaîné les titres de son précédent album, la sublime Sarah Elizabeth Charles a illuminé la scène, avec une voix qui ne cache plus quelques intonations rappelant par moment Angelique Kidjo.

Ajoyo qui venait à Hammamet pour achever une tournée internationale a fait sensation !

 

 

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