Africa Speaks, un disque de Santana qui pose des questions

Alors que le légendaire, il faut bien le dire, guitariste mexicain Carlos Santana, a lancé la grosse machinerie de la promotion de son nouvel album, Africa Speaks, attendu en juin de cette année chez Concord Records, on se pose quelques questions dessus.

Sur le papier, il n’y a rien a dire, on nous vend un nouvel album inspiré, et le mot est important, par les rythmes et les mélodies d’Afrique… OK ! On nous annonce, outre la guitare de Santana, qui, il faut l’admettre reste probablement l’un des meilleurs guitaristes au monde, des voix qui n’ont pas à rougir d’être là, celle de l’Espagnole d’origine équatoguinéenne Buika, et celle de l’énergique Britannique Laura Mvula… OK ! À la production ? Là encore, une légende du genre, Rick Rubin, qui a travaillé avec Run DMC, Public Ennemy, Slayer, Metallica, Johnny Cash… et la liste est encore longue… OK, jusque là tout va bien ! On nous raconte même que l’album fait suite à une prolifique session de travail de dix jours dans un studio californien… pourquoi pas !

Et puis vient la matière, notamment avec le dernier extrait de ce disque qui vient de sortir, sous la forme du clip d’une chanson intitulé « Breaking Down The Door », l’image est jolie, le visuel bien réalisé… plusieurs articles de presse sont même venus l’encenser, nous racontant tout ce qu’on vient déjà de vous dire, précisant même que derrière la mélodie plutôt joyeuse de la chanson, se cache une histoire plus sombre, celle d’une femme abusée par son mari, puis tuée par celui-ci. Et c’est vraie que la mélodie est joyeuse, que l’histoire est poignante… et puis, attendez, mais… cette joyeuse mélodie… ça ressemble à quelque chose… et puis cette rengaine… « Abatina oh… »… mais oui, en fait, c’est au mot, à la note prêt la chanson « Abatina » de Calypso Rose ! Et ça apparemment, ni Santana, ni Concord Music, n’ont jugé bon de communiquer dessus… et s’il ne fait peu de doute que la maison disque a du s’acquitter des autorisations nécessaires pour reprendre la musique (surtout que Manu Chao le producteur de l’original est plutôt à cheval sur ses affaires financières), peut être qu’une mention plus visible à l’artiste originale aurait été plus honnête.

Espérons maintenant que le reste de Africa Speaks ne soit pas du même tenant, surtout qu’une chanson appelée « Batonga » est déjà présente sur la tracklist du disque, et rappelons aux équipes de Santana que les mots ont des sens et que « s’inspirer » et « reprendre » ne sont pas exactement la même chose !

Santana ft. Buika – “Abatina, Breaking Down The Door” :

Calypso Rose – “Abatina” :

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4 réflexions au sujet de “Africa Speaks, un disque de Santana qui pose des questions”

  1. .ben… La mention est pourtant on ne peut plus claire sur le livret: “adaptation of Alabatina written by Manu Chao” ….
    Je ne vois pas trop ce qu’il aurait fallu faire de plus… (Et pourtant j’ “aime pas” santana, mais il me semble important de lui rendre justice 🙂

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